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01/10/2012

c'est lundi, c'est gargouillis (53) à la Villa Giulia

Suite de nos petits monstres et chimères, avec les fresques de la Villa Giulia de Rome, Musée National Étrusque au passage (mais ce n'est pas l'objet ici…)

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Sous l'égide de Vasari, et commandée par Jules III (1550-1555)…

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… des fresques signées Zuchari, Fontana, Venare da Imola…

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Griffon sur les vases antiques des collections…

24/09/2012

c'est lundi, c'est gargouillis (52)

Galerie de photos tirées des décors du Château Saint-Ange...

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Un monde aérien, onirique…

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Une belle Dame à la Licorne…

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De l'art comme rébus ésotérique…

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Détail : un faune…

17/09/2012

C'est lundi, c'est gargouillis (51)

On renouvelle, on améliore, on étend le sujet, la "demi-centaine" étant dépassée !

gargouille,lundi,gargouillis,fresque,grotesque,grottesque,monstre,sphinx,sphinge,lion,lionneDeux fresques ornant les murs des Palais du Vatican, pour commencer en douceur… Une jolie "griffonne", motif récurrent s'il en fut !

 

 

…et une lionne qui lui fait pendant… le couple griffon / lion, si chargé de symbolique au Moyen Âge (venez voir la visite pour en savoir plus… ou patientez : un prochain livre est en préparation), ce couple devient un motif usé jusqu'à la corde, un décorum habituel et peu significatif. Il serait étonnant de voir ce motif alchimique, en effet, orner le Vatican…

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16/08/2012

Ah, l'amour ! "L'art d'aimer", exposition au Palais Lumière d'Evian

Evian, peinture, Grand Palais, sorties, écrivain, peintre,romantisme,esquisse, Le Grand Palais d'Évian nous propose depuis plusieurs années des expositions qui méritent le détour. Me rendant de temps en temps dans ma Haute-Savoie d'origine (un "nationalisme savoisien" qui a pu se sentir dans mes romans je crois), je ne manque pas de jeter un œil sur la programmation en cours.

Le temps étant favorable, les augures bienveillants et mon après-midi libre, je me suis donc rendu à Evian pour découvrir "l'Art d'aimer".

D'emblée, la programmation hétéroclite affirme le mélange des genres comme loi. Du Moyen Âge à nos jours, il faut dire que le sujet est vaste, les modes d'expression variés. La maladie du zapping toucherait-elle désormais les musées ? Le tournis prend, à passer d'un lutinage du XVIIIe siècle, à un manga ecchi (érotique) ou à l'eau de rose, puis aux correspondances enflamées d'écrivains ou de leurs aimées…

Ah, pour un peu, on entre là-dedans en se disant que c'est une "exposition d'été". Fraîche, superficielle, sympathique. Une petite révision de ses classiques en quelque sorte, avant de retourner à la piscine…

Ce sont de belles pièces, et originales pourtant, que les créateurs de l'exposition ont rassemblé. Sans souci d'exhaustivité, et dans l'ordre chaotique de mes coups de cœur, citons : de superbes encres de Chine de Picasso, couples enlacés (pour moi il aurait pu s'arrêter à ces esquisses… le cubisme, bof… bref, je ne suis qu'un affreux béotien) — oh, et dans la pureté des lignes tant qu'on y est, citons le postimpressionniste Albert Marquet ! quelle sensualité — ; les cruelles "intimités" de Félix Valloton, sombres de déni ou blafardes de douloureuses révélations ; et puis surtout: la révélation d'un Courbet jeune, romantique, enflammé, à mille lieux de son réalisme d'enterrements et de tarte aux poils universelle ! Dans "Les amants dans la campagne", Courbet peint une œuvre que lui-même n'a pu oublier ni abandonner sa vie durant.

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Roll,peintre,peinture,ThaulowQuelle plus belle représentation de l'amour conjugal que ce portrait d'Alfred Roll du "Peintre Thaulow et sa femme" ? Il se penche sur elle, amusée elle regarde vers le bas. Dans cet instantané de vie on sent la complicité, une distance qui n'est qu'un autre nom, ici, pour l'équilibre apaisé, hors des tourments de la passion.

 

 

 

 

 

 

Dans un tout autre genre, on (re)découvre un La Fontaine pas moraliste pour un sou : "le Baiser rendu". Que l'on en juge, voilà le texte original (1685) :

Guillot passait avec sa mariée.
Un gentilhomme à son gré la trouvant: 
Qui t'a, dit-il, donné telle épousée ? 
Que je la baise à la charge d'autant. 
Bien volontiers, dit Guillot à l'instant. 
Elle est, Monsieur, fort à votre service. 
Le Monsieur donc fait alors son office; 
En appuyant; Perronnelle en rougit.
Huit jours après ce gentilhomme prit
Femme à son tour: à Guillot il permit 
Même faveur. Guillot tout plein de zèle: 
Puisque Monsieur, dit-il, est si fidèle, 
J'ai grand regret et je suis bien fâché 
Qu'ayant baisé seulement Perronnelle,
Il n'ait encore avec elle couché.

 Passons au niveau inférieur de l'exposition, parce que sinon nous y serions encore demain ! Ce sont des lettres, des correspondances déja signalées : Juliette Drouot, Gustave Flaubert, Théodore Géricault, Puccini… Romain Gary à Christel Kriland… Mots éphémères, mots éternels, mots sempiternels. Désir immédiat, suspendu en vol, préservé dans le temps, dont la lecture ne peut que ramener à nos propres vécus, et évoquer les plus intenses et les plus vivantes de nos heures.

Mention spéciale, après les romans-photos et les manga, à une plongée droit dans une quintessence de film noir et de ses femmes fatales : "Mean To Me", un court-métrage de 1936. 13 minutes de passion brute, destructrice. Les grands animaux égoistes que nous sommes tous, dès que le nom d'amant, d'amante peut nous être apposé. Dommage que le son, trop faible, empêche de vraiment entendre les dialogues…

On le voit, traverser sept-cent ans de représentations de l'amour force à renoncer à la moindre tentative de fil conducteur, d'unité sous-jacente. Mais n'en va-t-il pas ainsi de l'amour, cette matière infiniment renouvelée, cet universalisme protéïforme que renouvelle chaque baiser, que réinvente chaque promesse ?

05/11/2009

Les Nombreuses Vies de Harry Potter

73.jpgLe 17 novembre prochain, sort aux Ed. Les Moutons Electriques l'ouvrage intitulé :

 

Les Nombreuses Vies de Harry Potter

 

J'ai la grande fierté d'avoir participé à cet ouvrage, non pas en tant qu'auteur pour une fois, mais en tant que photographe. Vous avez pu voir quelques clichés de l'Ecosse, par votre serviteur, dans les pages de ce blog : d'autres photos, les plus belles, ont servi à illustrer les nombreuses vies du célèbre collégien magicien...

 

La fiche de présentation est ici.

 

La fiche de commande est .

 

Couverture; Letizia Goffi.

01/09/2009

A travers l'Ecosse (2)

L'épisode (1) est .

 

9 Août — Du Loch Lomond à Oban


PICT0332.JPG On ne photographie pas un arbre millénaire. Ni l’entièreté capturée dans un objectif, ni les détails accumulés ne peuvent rendre l’instant, la présence de l’ancêtre végétal.
Il en va de même pour les paysages. Alors que nous mangions notre repas, lentement le Loch Lomond s’est révélé entre les rideaux de brume & de crachin. Loch Lomond — le Loch aux ormes, m’expliquera Richard bien plus tard, combattant la traduction généralement avancée, peu convaincante, de « Loch du signal ».

 

 

 

 

 

Notre première balade, fort pluvieuse et moult boueuse, se fit à travers la forêt en recréation de Garadh Bhan (prononcer « galad van », signifiant littéralement the rough white, les blancs chaotiques, caillouteux ?). La Forestry Commision d’Ecosse est en train ici de recréer une grande chênaie — ou, du moins, d’essayer, grâce à un accord sur les cent prochaines années.

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Pause déjeuner sur les hauteurs éthérées de notre premier loch...

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PICT0334.JPG Un moment d’attente de nos guides, partis chercher les vans, nous autorise la visite d'un magasin de souvenirs, et une descente vers le fameux arbre millénaire, géant feuillu qui faillit bien, pourtant, nous échapper ! Une voiture garée tout contre gâcha quelque peu, par ailleurs la communion avec les mystères ineffables de la Nature.

 

Sur la route, cornemuse invisible au détour d’une place publique. Quelle verdure ! qui egaie l’œil alors même que la pluie, constante, ne reflue que pour mieux reprendre.

« A driech day » = a damp and grey day, said Richard.
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Plus tard, dans les véhicules, nous remontons le Loch par l’autre bord — décidement nous ne le verrons pas en entier, et à aucun moment le regard pourra-t-il embrasser les deux rives pourtant proches.

 

 

Tel sera le cas aussi avec le Loch Long — petites maisons blanches aux toits gris, noyées de brume et de forêt détrempée, reflétées sur l’eau en courtes traînées fantômatiques.
Puis, une vieille passe dans les collines — la sente millénaire, porte vers un nouveau loch, remonte jusqu’au col, serpente, verte dans le vert. Pont de pierre en accent circonflexe, percée d’une rondeur noire, ses pierres du brun assourdi de l’humidité. La route automobile semble rapetisser alors que s’élèvent les monts aux pentes d’une douce régularité.

Loch Fyne. Algues orangées brouillent la limite entre plage et eaux. Algues, ou plantes ? Seaweed — j’apprendrai, ou plutôt me remettrai en mémoire cette distinction entre algae, et seaweed faite en anglais, pour ce que nous désignons seulement sous le terme « algue » C’est donc un loch marin. Bientôt, d’un seul coup d’œil nours pourrons distinguer, ainsi, lochs lacustres et salins, jugeant à la présence ou non de ces « seaweeds ». Bière et huîtres en production locale !


Langue de nuages, comme la queue d’un dragon immaculé, coupant les collines par le milieu.


Inverary, odeurs salines et trois-mats à la coque de rouille, en musée abandonné — fera-t-on un jour un Musée des Musées Abandonnés ? — Il semble que nous sommes passés de la Savoie à la Bretagne en trente minutes de route.
Loch Awe — le sommeil me prend.
Passe de Brandon, Loch Etive.

Puis c’est l’arrivée sur Oban, bénie par la lumière rasante du soleil. Le velours vert pose ses tapis pelucheux entre les baraques & les bras de mer. Baraques ? Mot injuste pour ces petites demeures aux tons naturels, pierreuses aux blanches fenêtres. Ce pays semble fragile, délicat dans ses reliefs assagis et pourtant, sous l’épais humus, les os sont solides et francs.

 

PICT0338.JPG Dans la chambre — le youth hostel est une magnifique petite maison entre néo-gothique et art déco — le bow window embrasse la station balnéaire, de la cathédrale proche jusqu’aux îles. La lumière basse et adoucie change d’un instant sur l’autre.

Entre les crachins, rayons de miel nappant les pelouses et les végétations dans un printemps éternel.
PICT0339.JPG Un ferry aux conduits de cheminée rouge vif est passé. Les mats du port de plaisance, sur la première île en face d’Oban — Kerrera —, forment une calme forêt de troncs blancs dénudés. Balises de navigation oscillant dans un vent dont se jouent les mouettes.
Face au bow-window meurent finistères et îles, jusqu’à une courte étendue d’horizon libre qui laisse imaginer le grand large.

 

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09/01/2009

A travers l'Ecosse (1)

8 Août — Stirling
PICT0167.JPGLes cités d’Europe en paix, méditent sur la gloire & le sang de leurs batailles fondatrices.

Le château est somptueux, le paysage… Statue de Robert the Bruce couvant la rivière Forth du Regard, alors qu’au fond, l’aiguille néogothique du National Monument dédié à William Wallace couronne le promontoire concurrent — protrusion de pierre volcanique conquise par les arbres. Le cimetière ancien entoure les remparts de la citadelle en une couronne mi-croûlante, mi-verdoyante.PICT0155.JPG
Ces lieux rendraient une escarmouche entre dix soldats mythique.

Septembre — A la relecture
Bien peu de notes pour cette première journée. Levée avant les aurores pour attraper l’avion  (…)
A l’atterrissage à Edimbourg, nous fûmes pris en charge par nos deux guides : Dorothy — une écossaise solide, aux cheveux courts et grisonnants, joues roses — Et Richard, un jeune anglais jovial aux petites lunettes ovales, entre l’éternel étudiant et le « baroudeur » des forêts.
Nous montâmes à bord de deux vans Mercedes, qui ne se désemplirent que rarement pendant ces treize jours de la musique écossaise des Cds glanés aux souvenir shops, de sacs et valises empilés, de caisses de nourriture ; et bien sûr, de leurs occupants et leurs conversations joyeuses, culturelles et historiques, ou toute de quotidiennnes trivialités.
L’auberge de Jeunesse, sise dans le charmant cadre du cœur de Stirling, juste à côté de l’ancienne prison victorienne ( !) nous accueillit. Et aussitôt nous formâmes des groupes de quatre pour assurer les tâches de cuisine afin de nourrir tout ce petit monde. On bosse un peu, en vacances à l’UCPA ! Mais c’est fait dans un bon esprit, et un jour sur quatre… Le premier tour de service m’occupa suffisamment ce soir-là pour que je néglige par trop ces notes. Pris le temps cependant de visiter le château de Stirling… quelques photos sont déjà publiées dans ce blog, je ne résiste pas au plaisir d’en ajouter ici encore.

Vue de Stirling par la plaine

Monument National à William Wallace

Pont de Stirling, lieu de la célèbre bataille de Wallace

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01/10/2008

A travers l'Ecosse (0)

7 Août - Paris
Acheté ce carnet au Gibert Joseph du Quartier Saint-Michel. Toujours un de ces Moleskine — il est à lignes, et non en pages vierges, le modèle n’était pas disponible. Ce sera donc un carnet de mots. Il n’y aura pas de croquis.
Paris… à chacun sa ville, son monde créé d’imaginaire, et de cette réalité multiforme qui s’offre, éternelle et fugace, semblable au souvenir et toujours surprenante.
Certaines, certains doivent avoir leur repères, leur « Paris », par les jalons des boîtes de nuits (sourde rumeur au fond de mes tripes — mais le passé ne me tourmente plus : le souvenir des lieux se rattache non à la séparation douloureuse d’il y a un an, mais à des séjours plus anciens dans la capitale).
PICT0064.JPG Mon Paris, c’est cette ligne que je retrace comme d’instinct chaque fois que je viens. Les thermes de Cluny et leur Musée National du Moyen-Âge d’abord. Et, pour la troisième fois, il m’est interdit d’y pénétrer. Cette fois c’était mon sac trop volumineux — Maudits soient ces imbéciles de terroristes. On peut se demander cependant pourquoi le Musée de Cluny, avec son affluence, ne peut s’offrir d’arches de détection métallique (il y en a dans chaque lieu touristique de Rome…)
Bref, je serai condamné cet après-midi à n’effleurer que la surface des lieux. Tous les bâtiments sont bondés de touristes, les queues s’étirent, et je n’essaierai même pas, avec le sac.
Je me procure quelques éléments manquants à mon équipement de randonnée, butinant entre trois ou quatre boutiques de Vieux Campeur du quartier. Me voilà ensuite à tourner autour de cette chère église Saint-Séverin, déjà (trop ?) souvent photographiée par mes soins. Mais c’est devenu une manie, un instinct, ces gargouilles. Etrange comme, après tout le travail fait, les visites créées et animées pour l’Office de Tourisme, le roman, étrange donc comme une certaine distanciation s’est opérée. Je lève le regard, capture, l’esprit ailleurs. Une mue à venir ? Certainement pas une lassitude. Non je dois être, je crois, déjà en prospection intérieure vers d’autres tonalités, d’autres inspirations.
Mon œil et mon doigt capturent quelques images de Notre-Dame. Serait-il la peine d’en prendre davantage ? Mon esprit vogue entre des rêves de roman médiéval, et la Chine. La tessiture de mes pensées éparses se mêle de pensées envers ma douce, ma Pernelle à moi, et de lambeaux d’histoireà crééer quand j’irai un jour avec elle à Canton. Un titre possible de polar me vient : « les tueurs de Hong-Kong ». Que je rejette aussitôt. Cela fait roman de gare… tout cela reste vague, et peut-être que la vie fera de ce projet, comme de bien d’autres, un fantôme. Mais qui sait ? Le futur, plus que jamais, est incertain. Ce voyage en Ecosse est le voyage de mes trente-cinq ans, et on ne saurait mieux le qualifier que de « croisée des chemins » (et tant pis pour les lieux communs).
Après Notre-Dame, retraversée de la Seine, non sans parcourir au passage le Marché aux Fleurs, fermé à cette heure. Boutiques à la peinture verte écaillée, aux étals usés derrière grillages et planches verdâtres. Abandon, douceur campagnarde, comme une station balnéaire hors saison.
PICT0109.JPG Circulation brutale des quais. Le pont et, tout de suite un arrêt, une surprise — l’aiguille de blancheur s’élance, grêlée de décors indistincts. Les grandes gargouilles parisiennes scandent, horizontales, la montée de la Tour Saint-Jacques. Voilà un lieu que je n’ai, étrangement, jamais remarqué. Il va sans dire que je m’y dirige. Lente giration autour de ce clocher isolé, magnifique dans son ogival flamboyant.
Une autre surprise m’attend (tout de même, je pourrais consulter un guide de temps en temps) : Nicolas Flamel. Il a vécu en face du portail Nord, qu’il finança précise le panneau historique. Un pincement de joie — en soi, c’est un retour aux sources. Disons que l’alchimiste parisien et sa vie sont de ces éléments qui constituent ma personne, davantage même qu’elles se contentent de l’enrichir. Adolescent, il me souvient de lectures sur l’homme, sur le Grand Œuvre.
Autre pincement au cœur, d’inquiétude et de frustration cette fois. Suis-je condamné à ne voir Paris, ce Paris-là, que de manière si superficielle ? Faute de temps, faute de fric… et puis, parviendrai-je au cours de cette année 2009 qui vient, à mener à bien mes projets d’écriture ? La tâche semble d’autant plus dantesque que, projets — problèmes ? — immobiliers aidant, je risque de ne devenir qu’une machine à courir vers le pognon.
Seconde — autre — rumeur dans les tripes. Acheter, ou tout lâcher ? La vie semble parfois un marécage, tant on ne sait quel est le pire choix — s’engager, se rétracter, attendre, agir, reculer ?Et tout, toujours, entraîne son lot de conséquences. Ah, repoussons. Méditons. Savourons le répit et prenons-nous, encore un peu, pour un Ecrivain (souriard).
Voilà ma trinité parisienne parvenue à la perfection, semble-t-il. Cluny avortée, puis Saint-Sernin & Notre-Dame, et désormais l’ancienne tour de Saint-Jacques-la-Boucherie. Je décide que tel sera dorénavant mon pèlerinage personnel. Avec un passage par ces librairies ésotériques, nombreuses autour du Collège de France par exemple. Comme, chaque fois que je me rends à Rome, mon petit « Pèlerinage Hadrien » tout personnel…

 

 

 

 

 

PICT0136.JPGJe quitte la rue Nicolas Flamel, prends la rue Pérelle. Moi qui songeait à la mienne il n’y pas un instant… on dirait que le hasard le plus total à fait coïncider parfaitement mes pensées précédentes avec la toponymie — et quelle merveilleuse idée que de n’avoir pas oublié l’épouse de Nicolas Flamel. Dans ma tête se confondent l’imaginaire d’un petit couple de vieux bourgeois ordinaires, et cette union mystique des principes complémentaires au cœur de la pensée alchimique. Nicolas & Pernelle, mercure et soufre de la pierre philosophale…

 

 

 

Et toujours quelques pensées à « ma Pernelle », en shopping familial à Hong-Kong. Nous échangeons des sms le plus « naturellement » du monde. Je marche les rues de Paris sac de randonnée au dos, elle arpente les magasins là-bas, et nous échangeons de courtes salves de bits à la vitesse de la lumière. Elle est là, avec moi dans un sens, à portée de message.PICT0137.JPG

 

 

 

 

 

Je remonte brièvement Sébastopol, puis me laisse aspirer par l’ « appel de foule » des Halles — plongée dans les tripes noires et agitées de gigotements mercantilistes et consuméristes.
Déjà, après une demi-heure de RER, un autre monde. PICT0142.JPGCages de verre percées de soleil, structures archnéennes, et pourtant blanches, blanches, ou gris béton. Charles-de-Gaulle est un monstre, tout le monde en conviendra. Un monstre qui rend tellement étrange, incongru ce passé gothique d’où je viens — dans tous les sens du terme.

Hôtel. Comme un hôtel. Fenêtres étroites, triples vitrages au moins, comme une préfiguration des hublots d’un avion. Lectures avant de se coucher ? « Le Nain Noir », de sir Walter Scott, autant pour le sujet (le nain… mes lectueurs comprendront bien sûr !), que pour le décor écossais. Ou bien sera-ce Stevenson ?
Demain, je suis presque aussi curieux de l’équipe, avec qui je dois passer ces presque quinze jours, que du voyage en lui-même ? Une seule question : aurai-je le courage — et l’énergie — de continuer ce journal avec assiduité ? Là encore, l’avenir seul parlera.

 

 

 

 

 

 

 

Septembre — A la relecture
En fait de lecture, j’ai, après la rédaction de ce premier compte-rendu, traîné devant un film à la télé. L’addiction est indéniable — excuse facile de m’en couper, comme d’internet, jusqu’au 20 août… « autant en profiter une dernière fois »
Et oui, j’ai eu le courage, et beaucoup de plaisir, à continuer…

25/06/2008

Toulouse (3)

Cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, fin 

Après le tour de l’église, je reviens sur mes pas pour en découvrir l’intérieur. Je pourrais rentre par le nord — une entrée m’y invite. Mais je choisis d’emprunter le porche occidental. Bien m’en prend.

366268705.jpgOn pénètre une grotte romane, la blancheur du vaisseau gothique dans le fond, ses élévations lumineuses prolongent cet magnifique contraste déjà admiré à l’extérieur682948753.jpg.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

802931678.jpgLe mobilier est relativement décevant. Les stalles sont d'un baroque tout à fait affligeant (dans le sens où le style baroque en entier est un moment affligeant de l'histoire de l'humanité — mais cela n'engage que moi). Que l'on me comprenne : Le XVIIe siècle et la Contre-Réforme laissent encore quelques bêtes traîner, tolérées de ci, de là. Mais depuis la Renaissance, le monstre est devenu un amusement, une convention drôlatique, bref, un simple jeu de l'esprit là où il parlait, au moyen-âge, aux plus profonds instincts du visiteur. Mais j'aurai l'occasion de reparler des grotesques renaissants... next stop, Rome !

1863615041.jpgAlors... ici un faune sous la miséricorde d'une stalle, là une sirène... On est dans le joli, le mignon voire le mignard, le moral, le gentil, le léché...

1383377905.jpgOh, ne rechignons pas trop : la virtuosité de la réalisation est indéniable. Il manque simplement un peu de vrai folie, là où seule la convention et le soi-disant "esprit" écrasent tout.

 

 

 

 

Je prends quelques clichés, rapidement et, j'ai peur, avec pour résultat un flou qui n'a rien d'artistique. Mais mon train attend... fin de ce chapitre toulousain ! Jusqu'à une prochaine visite.

 

 

18/06/2008

Toulouse (2)

Cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, suite 

561511802.jpgGargouilles, gargouilles... Je m’amuse toujours un peu de cette obsession, de cette marotte plutôt, qui me poursuit depuis quelques années déjà. Mais quand même, quel plaisir c’est de découvrir à chaque fois quelque gueule tordue en levant le regard.
Plus je fixe en images les monstres et les bêtes, plus je suis frappé de constater leur remarquable unité de style. Certes ce ne sont pas d’effrayantes chimères. Les ailes sont courtes, plaquées contre corps et surtout très sages, stylisées à l’extrême. Pas de violence, peu de relief. On est loin des églises du nord. Même « mes » gargouiles lyonnaises et viennoises me semblent plus vivantes. Mais je ne boude pas mon plaisir.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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11/06/2008

Toulouse (1)

Cathédrale Saint-Etienne de Toulouse


novembre 2007

375950838.jpgD’emblée, l’axe de la rue révèle l’entrée occidentale, et la tour-clocher. Ce doit être la troisième fois que la perspective s’offre à moi, depuis cette rue : chaque fois, une aspiration semble en provenir, comme si l’éclat du porche, ses ombres arrondies invitaient à s’engouffrer dans quelque grotte neigeuse. Puis l’œil est incité à suivre les linéarités massives, brun-orange, jusqu’à l’étrange incongruité du clocher méridional, dont les consoles baroques jurent, anachroniques, presque choquantes pour qui est peu habitué à ces jeux de cloches suspendues en plein air — il aura le temps de s’y faire, ce regard : ce ne sont pas les exemples qui lui manqueront, une fois averti, dans la région.
Gargouilles. Là-haut. Une image d’épinal vient à l’esprit — les poutres saillantes, sinistres silhouettes, où l’on laissait les condamnés à souffrir, puis déssecher, puis agoniser, offerts aux becs des corbeaux. 1477178063.jpgUn donjon roman — barlong, terrien, implacable.
D’un geste presque inconscient, j’ai tiré l’appareil de la  sacoche, enlevé le capuchon, mis en position de visée, activé : ce faisant, je ne lâche pas mes proies du regard. C’est inutile bien sûr. Ce n’est pas comme si elles allaient bouger… Mais déjà je jauge les angles, la lumière. Je joue du zoom jusqu’à la résolution maximale.
Non, pas encore. Trop loin. Et puis… goûtons l’église dans son ensemble.

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M’avançant de la rue jusque vers le parvis parcouru de voitures, bruyant, actif, je détaille, jauge, repère. Toujours mon attention revient vers le porche blanc. Puis, pendant de l’autre côté du clocher, une autre masse de briques vient rééquilibrer le bâtiment. Ce n’est que bien plus tard, observant les photos, que je comprends ce qui me fascine dans cette église bipolaire, contrastée. Que je plaque des mots sur la magie : les parties de brique ne connaissent presque pas la suave douceur des ogives, et même alors, noir sur thé, ne les remarque-t-on qu’à peine. Non, seule l’entrée, brodée et ajourée, semble connaître la grâce, et quelque subtilité.
Ce serait comme un mur puissant de cuivres, trompettes, cors hiératiques, enveloppant presqu’entièrement un chœur délicat de voix d’enfants. Ici, le terrestre est en haut, et le céleste en bas — rejeté sur le côté. Et encore, ce porche-là semble bien chtonien, et les voies noires qui l’habitent vibrent d’un message désespéré. Mais pourtant vaillant, et ascendant.

1823006358.2.jpgLa rosace elle-même se trouve coupée net par la rambarde, percée au flanc par la pointe dentée du gâble inférieur. Elle semble peiner à remplir sa mission — nous chanter la perfection. Tel un sombre soleil levant sur une plaine de givre, elle n’est encore qu’un projet, qu’une idée, hésite, à peine soutenue par deux petits arc en cintre, écrasant dans sa lente ascension trois ogives paresseuses, qui ne veulent que se dévorer les uns les autres pour atteindre l’air libre.
Et ses pierres à la fausse virginité font angle sur la petite tour-horloge et sur le contrefort, grimpent. Veulent-elles agripper la brique, l’écarter, la fendre, la conquérir ? on ne sait. Même de loin, je vois bien que ma provende de monstres ne sera pas à trouver sur les appuis et les voussures ce cette entrée-là. Je soupçonnerais qu’on l’a refaite au XIXe siècle, d’ailleurs. A vérifier.

24/05/2008

Faute de grives...

... on bouffe des corbeaux. Si vous me passez l'expression.

Comme l'image est en panne, voici déjà un extrait de texte, description de la façade de Notre-Dame de Strasbourg. On voudra bien excuser le style naissant de l'auteur.

A l'époque je n'avais pas d'appareil photo, ce texte-là n'a jamais prévu d'être illustré.

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Le grès des Vosges vibre d’un rouge profond, parcouru de traînes d’un blanc-rose, comme des fantômes parcourant la pierre, caressés de jaune par les premiers rayons du soleil.

Hier déjà, en parcourant la ville, l’omniprésence de cette pierre à la fois austère et fantaisiste, alléchante comme la pâte d’un gâteau marbré, d’un pudding marron, m’a sauté à la figure, matière de chaque mur des grands bâtiments — premières impressions vivaces, de cette ville en coquille d’escargot qui, de rues enroulées sur elles-mêmes, en canaux entrelacés, désoriente et semble se jouer de son explorateur, toujours le rejette où elle le désire.

D’emblée, hypnotisme vertical de la façade. Génie des arcs allongés du premier et second niveaux : une multitude de colonnettes aériennes, partant de l’arrière du gâble, d’entre les trois porches, montant, montant. Tout attire l’œil, le force presque à s’élever.

— Mon attention est distraite, un instant, par le bâtiment derrière moi, à l’angle du parvis et de la rue qui lui fait face : dragons-chiens, dragons-lézards rampent le long d’arcs en anse de panier, aggripés, faisant corps avec les demi-tores de bois imité qui soulignent l’arcade. J’ai dû sourire, à ce moment ; voilà ce pourquoi je suis venu...

Les cloches me rappellent à l’ordre. Le regard s’élève... surprise ! vert pastel contre le grès sombre, magnétique. Haut, au-dessus de la rose, les ailettes des anges, la croix du christ dans la mandorle, tous d’un cuivre vert-de-grisé, font un tel contraste avec la pierre, qu’ils en semblent fluorescents.

Et le gâble, le gâble ! surmonté de piques droites, il explose de puissance. On dirait que les forces telluriques ont jailli, droit pointées vers le ciel, figées net.

Il y a plus de détails que l’on ne saurait tous les voir, même à passer la matinée entière, armé de jumelles — amusants, les cavaliers dans les niches, à chaque angle — mais, comme chacune des grandes façades réussies, rétablies, de l’Art Ogival, ces finesses sont organisées, hiérarchisées en lignes claires, limpides. Le complexe nourrit la simplicité, la fait vibrer, exulter. C’est une finale de symphonie... tous les instruments à la fois, nettement distincts et pourtant unis dans un accord unique.