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25/07/2017

Les papillons géomètres, de Christine Luce

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(Cliquer sur l'image pour le lien avec le site de l'éditeur)

Un roman délicat, à la prose ciselée, que je me devais de lire — par intérêt pour les sujets d’ésotérisme autant que par curiosité envers la prose d’une mienne camarade d’édition.

En quelques mots : c’est un roman volontairement lent, littéraire, qui m’a enchanté de ses descriptions — parce qu’après-tout, mettez-vous à la place d’un esprit jeté dans l’outre-monde : ne seriez-vous pas délicieusement charmé de redécouvrir le moindre détail, s’il vous était donné d’effleurer de nouveau votre vie d’avant, votre vie humaine ? C’est sur cette idée, et bien d’autres, que se lance ce roman. A ma connaissance, peu de romans ont présenté avec autant d’attention l’autre côté du miroir — l’au-delà des spectres, ces non-êtres, non-choses, faits de cette énergie rémanente qui, selon Kardek et bien d’autres, hante les lieux, se refuse au néant quitte à vivre une demi-vie dans un demi-monde.

Christine Luce utilise les théories « classiques » du médiumnisme et du spiritisme, mais — et en cela je dois bien avouer une complète similarité d’esprit avec elle — ne cesse de titiller cette mystique, de tenter de lui donner une cohérence qui la rapproche des sciences physiques. 

Le final, à ce titre, est une merveille (le téléphone, le téléphone !).

 

Niveau style, on est ici dans l’anti-thèse du sujet-verbe-complément. Personnellement, j’aurais en cours de lecture peut-être raboté quelques paragraphes, quelques phrases, mais c’était souvent parce que je voulais avancer plus vite, savoir ce qu’il arrivait aux protagonistes. Je ralentissais alors, incité par l’auteur à adopter un pas plus lent, plus méditatif ; et alors je m’enfonçais à plaisir dans ses phrases complexes, éclairées de jolies fulgurances. Et puis j’ai quelque chose à vous confier : si une phrase vous arrête, mais qu’il y a un monde dans cette phrase, c’est bien… c’est bon.

 

J’ai adoré l’Arpenteur, bien sûr. Ce sera mon seul regret — que l’on en voie pas davantage de cette ménagerie d’outre-monde. Mais les phrases sibyllines de l’Arpenteur !  Son aura mystérieuse, et surtout ce qui l’incarne — le genius loci, l’esprit des lieux de la Ville (Londres) — tout cela ne pouvait que me parler, profondément.

 

Bon, et puis je vais arrêter de parler du talent de Melchior Ascaride, le graphiste qui a réalisé la couverture, on va croire que je suis amoureux. Mais vraiment — quel bel objet, en plus de tout.

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Eve a disparu il y a cinq ans, sans laisser ni corps ni trace.

Enfuie avec un amant, d’après la police londonienne, mais morte selon l’époux inconsolable. En dépit de sa défiance, ce dernier a fait appel à une médium ; contre toute attente, Mademoiselle LaFay possède un réel talent pour joindre l’au-delà et réunit chaque année le couple pour un jour de félicité... sauf cette fois-ci : Eve n’apparaît pas.

En ces temps de misère et de richesse insolente dans la société victorienne, la vie après la mort attise les espoirs des scientifiques. Mary-Gaëtane LaFay et son amie Maisy, deux femmes audacieuses, affrontent leurs frayeurs pour résoudre un mystère entre deux mondes crépusculaires. De l’autre côté, l’Enquêteur poursuit le même dessein. La frontière qui les sépare est plus ténue qu’ils ne l’imaginaient, ce qui les unit, infiniment supérieur. L’affaire Blake révélera une énigme de la taille des univers.

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