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25/10/2013

Tebessa, 1956 par Laurent Cachard… un roman historique Lyonnais de superbe facture

lyon,tebessa,tebessa 1956, laurent cachard,cachard,croix-rousse,roman,romancierN'étant pas du genre à rédiger à tout bout de champ des critiques de livres, films et autres objets culturels , je préfère (largement) me consacrer quand j'en ai le loisir, à mettre en valeur des ouvrages qui, à mon sens, méritent le détour. Et poser les autres de côté, et n'en pas parler. Il y a assez de médiocrité ambiante.

Donc disons-le d'emblée, Tebessa, 1956 de Laurent Cachard m'a plu. Beaucoup.

La quatrième de couverture résume le propos : Gérard a vingt ans quand il se retrouve coincé dans une embuscade à Djeurf, dans le canton de Tebessa en AFN, ce 5 avril 1956.

Gérard n'est pas un foudre de guerre. Juste un gamin pris dans la tourmente, un gone de la Croix-Rousse qui, alors que l'encerclement ennemi se resserre, évoque comme un défi à la fatalité ses courtes années, la vie à peine éclose d'un qui n'avait, jusque là, connu que les rues de Lyon et les esquisses mal ébauchées de l'amour, quand on est un jeune homme ordinaire, un modeste fleuriste de la Croix-Rousse.

Ce n'est pas un roman de guerre — on n'y trouvera que peu de tactique, encore moins explication technique. C'est le cri du rêveur broyé dans la trop dure réalité. Un long cri, formé de toutes les pensées de celui qui ne peut, ne veut croire qu'il va, presque certainement, disparaître. Le tout servi par une belle langue, sans fioritures et sans recherche d'effet populaire... Jusqu'à la page finale, le coup de massue, le coup de poignard au cœur — que je ne révélerai bien entendu pas ici.

Me restent de la lecture, même après des mois (oui, oui, j'ai mis beaucoup de temps à coucher ces impressions par écrit), des images, des impressions fortes. L'arbre dans le lointain… c'est un signe indubitable de qualité. Ah, et puis Laurent Cachard m'a bluffé, vraiment, quand j'étais allé le voir pour un concert-dédicace à la librairie le Tramway. En quoi m'a-t-il bluffé ? Quand, au détour d'une phase, il a dit avoir eu tout à apprendre de la botanique dans la préparation du roman… à lire ses lignes, très naturelles, sur l'art et la science du végétal, je m'étais demandé s'il n'avait pas fait cela toute sa vie.

Chapeau, M. Cachard !