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22/09/2012

Borgia, Borgias, etc… (3) Manara et Jodorowsky s'en mêlent

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Pour être complet dans ma documentation, je n'ai pas hésité à prendre sur moi pour affronter les turpitudes Jodorowsky et de Manara. Car après tout, il faut bien être exhaustif, n'est-ce pas ? Je me suis donc sacrifié pour lire pour vous les délires sexuels et sanglants des deux monstres sacrés de la bédé européenne.

Etrange sensation que procure la lecture de cette série. Un dessin superbe, de grands plans virtuoses, des costumes et des décors impeccables… pour une succession de situations aussi phantasmatiques que… peu crédibles historiquement ou psychologiquement.

Que vais-je chercher là ? On me dira que le but n'est pas de faire une peinture historique ! Pourtant… pour tant le scénario a l'ambition, en plus de tout, de décrire l'ascension de la Famille, l'invasion de Rome par les Français etc…

C'est donc d'un étrange choc des cultures que procède cette série dessinée. A la fois historiquement documentée, elle se vautre dans le délirant et le fantasme adolescent.

Par certains points étrangement, on n'est pas loin des "classiques" du 19e siècle (Hugo…) dans la description du versant noir des Borgia, incestueux et criminels. Une réputation on l'a dit forgée par leurs ennemis, ici étalée avec un luxe de meurtres et de stupre.

manara,jodorowsky,borgia critique,borgia critique série,milo manara,borgiaBon il y a toujours les femmes de Manara. La femme dirais-je, car il ne varie guère dans ses beautés perverses et cernées. Mais ah ! Qui n'a pas connu ses premiers émois érotiques avec la bande-dessinée "le parfum de l'invisible" ne me comprendra sans doute pas… cela fait une Lucrèce Borgia diablement convaincante, dans le genre bacchante turpide.

manara,jodorowsky,borgia critique,borgia critique série,milo manara,borgiaLe versant Jodorowsky veut amener un parfum très "anticlérical" pourrait-on croire… à la bonne heure : les catholiques eux-même condamnent ce pape dévoyé et sa famille. Si Jodorowsky voulait frapper la papauté, il tire ici sur une ambulance. J'aime Jodorowsky dans ses délires mystiques et ses recherches sur le Tarot. Je ne goûte pas toujours sa vulgarité facile (la "caste des Méta-Barons", niveau dialogues, non, je ne peux franchement pas…). Là, je ne peux pas dire que son scénario confine au génie…

Une vraie histoire immorale, avec ses conséquences, resserrées sur un cadre plus intime, aurait été infiniment plus forte, et dérangeante. Ici, encore une fois, on ne dépasse guère le délire boutonneux.manara,jodorowsky,borgia critique,borgia critique série,milo manara,borgia

 

 

 

Bref… drôle de truc, que ce "Borgia"-là. Superbe et ridicule ; méticuleux, baroque, et vain.

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