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01/09/2012

Borgia, Borgias, Lucrèce, César, etc… (1)

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De retour pour nous attaquer cette fois au Mythe des Borgia.

Car mythe, il y a bien. Qui tient certainement au fait que son second membre le plus célèbre, Rodrigo Borgia, pape sous le nom d'Alexandre VI, est dans l'imaginaire collectif l'incarnation de l'opposé absolu de ce que l'on attendrait d'un pape. Corrompu, et surtout connu pour ses frasques sexuelles et son népotisme. Comme souvent c'est le cas dans l'Histoire, il est bien difficile de faire la part des ragots, des médisances intéressées des ennemis, et de la réalité d'un personnage et de ses actes.

Son fils bâtard, César, immortalisé par Machiavel car ayant servi de modèle à son "Prince", est quant à lui le mieux connu, Sans oublier sa sœur Lucrèce et sa réputation sulfureuse — que cette réputation ait été justifiée ou nourrie d'une longue tradition de médisances.

Une matière de littérature (nous y reviendrons, en relisant Hugo et Alexandre Dumas) féconde, de bande dessinée (la série de Manara) et, ce qui nous occupe ici, pas moins de DEUX séries contemporaines.

Le fait est assez rare, en effet de voir en production deux séries faites en même temps, sur le même sujet. Dans ce cas, il y a une version franco-allemande, BORGIA écrite par l'américain Tom Fontana (Oz, Homicide), produite par CANAL+ ; et une version tenez-vous bien canadienne, hongroise et irlandaise, THE BORGIAS. Nous l'appellerons "version Showtime", du nom de son canal de diffusion américain. Cette dernière est réalisée par l'Irlandais Neil Jordan (Michael Collins, Prémonitions).

Les deux séries en sont à la saison un, ce qui en rend la comparaison d'autant plus intéressante.

 

borgia critique,borgias critique,borgias canal plus,borgias canal+,série,série télévisée,série télé,lucrèce,césar,rodrigoJ'ai dû commander la version Showtime spécialement. Elle n'a pas été distribuée en France.

La série, se décline en 9 épisodes de durée standard de 45 mn. Le fait est d'importance, car cela laisse une étendue fort réduite par rapport à la version Canal +.

Evidemment, évidemment, cette version est portée par Jeremy Irons, sans faute dans le rôle du pape Borgia. Mais si l'ensemble est plaisant — il faut y voir une suite assez jouissive de combats, d'intrigues et de bons mots fielleux — on reste quelque peu sur sa faim question contexte. Quid des décors (on en reparlera d'ailleurs, des décors…) ? Quid, surtout, de l'art et des artistes, dont les Borgia furent de grands protecteurs ?

En bref : une bonne série de cape, d'épée et d'intrigue, mais rien de roboratif intellectuellement. Alors, la majorité du public adhérera sans doute à une version qui va droit à l'essentiel, sans fioriture mais sans profondeur. Mais parler des Borgia sans parler de la Renaissance, à peine de la religion… quand même, zut, quoi !

 

borgia critique,borgias critique,borgias canal plus,borgias canal+,série,série télévisée,série télé,Lucrèce,César,RodrigoLa série version Canal + en deux mots, maintenant. Si, au début, la mise en place m'a fait très peur (les mises en situations sont un peu caricaturales, quand ce n'est pas… catastrophiques, comme l'affrontement des deux cardinaux à la table du repas par exemple), une fois que l'intrigue prend son rythme, tout devient infiniment plus convaincant. J'ai été bien davantage touché par cette version de César Borgia, écorché vif, jaloux de son frère, croyant torturé… hanté par une cruauté sans borne qui laisse deviner le condottiere en devenir sous l'habit ecclésiastique. Il y a plus de danger, infiniment plus d'enjeux chez ces Borgia-là. 

La série prend parfois le risque d'épisodes surprenants (le dernier épisode en intrigue de type polar…), et cherche à jouer entre vérité historique et légende noire des Borgia… parfois on entend un peu trop ces rouages-là grincer à mon goût, mais le parti a au moins le mérite d'être pris.

 

Pour conclure : aucune des deux séries ne "colle" à la réalité… et ce n'est pas ce qu'on leur demande. La série de Canal+ me semble plus approfondie et convaincante, sans pour autant parvenir à l'habileté jouissive des bons mots de la version Showtime. 

On reparlera : de Lucrèce, et de l'art à la Renaissance, donc…

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