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05/04/2012

La Commanderie… une série du genre : trop rare

51hPL2RiebL.jpgSur un conseil amical, on avait insisté: "regarde, "la Commanderie", ça te plaira". L'on a insisté, et l'on a bien fait. Je serais passé sinon à côté d'une très bonne fiction.

L'action se déroule en 1375, dans une commanderie de Bourgogne que l'Ordre Hospitalier a hérité des Templiers, défaits deux générations plus tôt par la justice royale.

Tout tourne bien sûr autour du mythique trésor des Templiers. Mais je vous laisse le soin de découvrir la manière dont la série traite le sujet... avec réalisme.

Dans une structure classique de feuilleton, dont il faut noter l'habileté et la finesse de  trame, les scénaristes sont parvenus à tisser une belle continuité dans l'évolution des personnages. Je pense par exemple au personnage du médecin, homme honnête qui apprend les vertus du mensonge face à la brutalité de la justice ecclésiastique… et qui en viendra à découvrir, puis celer lui-même des secrets terribles.

Chaque épisode suit par ailleurs, en sus de la trame générale, une histoire concernant les gens pauvres, les sans-grade et les oubliés. Procès d'animaux, infanticide supposé… l'approche est faite de manière à exposer les motifs de la justice médiévale, mais aussi, ce qui est encore plus intéressant, montre la manière avec laquelle ces hommes interprètent cette justice, la rendent selon, humaine ou encore plus inhumaine. La grande réussite de cette série, de ce point de vue, est de montrer les mentalités médiévales, de les incarner tout en exposant la part de "bricolage", d'adaptation dont faisaient preuve les hommes d'alors pour concilier les exigences sans borne de l'idéal religieux, et les dures réalités d'une vie courte et souvent dépourvue de sens.

Autre point très positif : une très bonne documentation sur l'époque. Les dialogues sonnent "juste", et les personnages ont été pensés en profondeur. Ne cherchez pas de héros : chacun a un secret, tous ont quelque motif pour agir ainsi qu'ils le font. Les deux protagonistes masculins, un homme d'armes sans nom ni noblesse, et un religieux dévoyé, sont présentés d'emblée : ils volent les métayers, font du chantage et trichent allègrement. Leur parcours ne se fera pas sans rédemptions, ni sans rechutes. La force des personnages féminins est aussi évidente, alors même qu'elles subissent le carcan de l'éducation et des mentalités. Pas de rébellion, pas de miltantisme qui serait complètement anachronique. Juste des hommes et des femmes qui cherchent leurs propres solutions. C'est la marque, selon moi, d'une fiction réussie.


Il est plus que dommage que la série n'ait connu qu'une seule saison de 8 épisodes… Alors que tant de médiocrité perdure dans la fiction française, on aurait pu tenter, pour l'honneur et l'amour de l'art, de financer une suite… qui sait ? Cela viendra peut-être… Ou bien, l'on devra se contenter en tout et pour tout d'une excellente saison, menée sans fausse note de bout en bout. C'est toujours ça de pris.

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