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01/09/2009

A travers l'Ecosse (2)

L'épisode (1) est .

 

9 Août — Du Loch Lomond à Oban


PICT0332.JPG On ne photographie pas un arbre millénaire. Ni l’entièreté capturée dans un objectif, ni les détails accumulés ne peuvent rendre l’instant, la présence de l’ancêtre végétal.
Il en va de même pour les paysages. Alors que nous mangions notre repas, lentement le Loch Lomond s’est révélé entre les rideaux de brume & de crachin. Loch Lomond — le Loch aux ormes, m’expliquera Richard bien plus tard, combattant la traduction généralement avancée, peu convaincante, de « Loch du signal ».

 

 

 

 

 

Notre première balade, fort pluvieuse et moult boueuse, se fit à travers la forêt en recréation de Garadh Bhan (prononcer « galad van », signifiant littéralement the rough white, les blancs chaotiques, caillouteux ?). La Forestry Commision d’Ecosse est en train ici de recréer une grande chênaie — ou, du moins, d’essayer, grâce à un accord sur les cent prochaines années.

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Pause déjeuner sur les hauteurs éthérées de notre premier loch...

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PICT0334.JPG Un moment d’attente de nos guides, partis chercher les vans, nous autorise la visite d'un magasin de souvenirs, et une descente vers le fameux arbre millénaire, géant feuillu qui faillit bien, pourtant, nous échapper ! Une voiture garée tout contre gâcha quelque peu, par ailleurs la communion avec les mystères ineffables de la Nature.

 

Sur la route, cornemuse invisible au détour d’une place publique. Quelle verdure ! qui egaie l’œil alors même que la pluie, constante, ne reflue que pour mieux reprendre.

« A driech day » = a damp and grey day, said Richard.
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Plus tard, dans les véhicules, nous remontons le Loch par l’autre bord — décidement nous ne le verrons pas en entier, et à aucun moment le regard pourra-t-il embrasser les deux rives pourtant proches.

 

 

Tel sera le cas aussi avec le Loch Long — petites maisons blanches aux toits gris, noyées de brume et de forêt détrempée, reflétées sur l’eau en courtes traînées fantômatiques.
Puis, une vieille passe dans les collines — la sente millénaire, porte vers un nouveau loch, remonte jusqu’au col, serpente, verte dans le vert. Pont de pierre en accent circonflexe, percée d’une rondeur noire, ses pierres du brun assourdi de l’humidité. La route automobile semble rapetisser alors que s’élèvent les monts aux pentes d’une douce régularité.

Loch Fyne. Algues orangées brouillent la limite entre plage et eaux. Algues, ou plantes ? Seaweed — j’apprendrai, ou plutôt me remettrai en mémoire cette distinction entre algae, et seaweed faite en anglais, pour ce que nous désignons seulement sous le terme « algue » C’est donc un loch marin. Bientôt, d’un seul coup d’œil nours pourrons distinguer, ainsi, lochs lacustres et salins, jugeant à la présence ou non de ces « seaweeds ». Bière et huîtres en production locale !


Langue de nuages, comme la queue d’un dragon immaculé, coupant les collines par le milieu.


Inverary, odeurs salines et trois-mats à la coque de rouille, en musée abandonné — fera-t-on un jour un Musée des Musées Abandonnés ? — Il semble que nous sommes passés de la Savoie à la Bretagne en trente minutes de route.
Loch Awe — le sommeil me prend.
Passe de Brandon, Loch Etive.

Puis c’est l’arrivée sur Oban, bénie par la lumière rasante du soleil. Le velours vert pose ses tapis pelucheux entre les baraques & les bras de mer. Baraques ? Mot injuste pour ces petites demeures aux tons naturels, pierreuses aux blanches fenêtres. Ce pays semble fragile, délicat dans ses reliefs assagis et pourtant, sous l’épais humus, les os sont solides et francs.

 

PICT0338.JPG Dans la chambre — le youth hostel est une magnifique petite maison entre néo-gothique et art déco — le bow window embrasse la station balnéaire, de la cathédrale proche jusqu’aux îles. La lumière basse et adoucie change d’un instant sur l’autre.

Entre les crachins, rayons de miel nappant les pelouses et les végétations dans un printemps éternel.
PICT0339.JPG Un ferry aux conduits de cheminée rouge vif est passé. Les mats du port de plaisance, sur la première île en face d’Oban — Kerrera —, forment une calme forêt de troncs blancs dénudés. Balises de navigation oscillant dans un vent dont se jouent les mouettes.
Face au bow-window meurent finistères et îles, jusqu’à une courte étendue d’horizon libre qui laisse imaginer le grand large.

 

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