« Petite annonce : cherche cameraman | Page d'accueil | C'est lundi, c'est gargouillis (5) »
20.04.2008
Monumental !
Aucun autre mot ne me vient à l'esprit. Monumental. De quoi parlès-je ? des "Piliers de la Terre" de Ken Folett. Le lecteur assidu de ce blog (il doit bien y en avoir... un ou deux j'espère) a dû s'impatienter quelque peu de mon silence de ces derniers jours. J'ai été fatigué (épuisé ne serait pas un mot trop fort), et, une fois en repos... aspiré par une œuvre énorme, magnifique et impressionnante.
J'ai abordé le livre avec le même état d'esprit que pour le Da Vinci Code : comme une lecture quasi-obligatoire de travail. Je m'explique : un guide-conférencier digne de ce nom a des lectures nécessaires, dictées par les goûts du grand public pour lequel il travaille. Le Da vinci Code en était. Ce galimatias d'histoire de l'art torturée, pétri de politiquement correct, et d'une consensualité molle jusqu'à l'écœurement, ne m'avait laissé que la - mince - satisfaction d'un bon thriller pas trop mal construit. Il en fut autrement, croyez-moi, des Piliers de la Terre.
Il est meilleur que le Nom de la Rose, ce roman ! (que j'adore, mais quelle lourdeur didactique !). Il est entré directement en première place dans mon classement personnel des romans historiques (presque - il y a les Rois Maudits tout de même). Sans déflorer l'histoire, on suit les itinéraires entremêlés d'un bâtisseur de cathédrale (Tom) et de sa suite (Jack), d'un prieur obstiné et idéaliste (Philip) aux prises avec son supérieur corrompu et dévoré d'ambition (Waleran), du long duel entre un féodal incontrôlable (William) et une noble déchue (Aliena).
Peut-être quelques longueurs et une certaine lassitude se font-elles faites sentir sur les dernières pages. Mais sans doute est-ce dû au fait que je n'aie pas lâché le bouquin pendant trois jours. J'ai frisé l'indigestion.
La précision historique est certes émoussée par le romanesque. Mais comme beaucoup d'œuvres des maîtres romancier anglo-saxons, le sens du récit et des péripéties passe avant tout. Et si l'exactitude n'est pas stricto sensu au rendez-vous, Folett reste fidèle à l'esprit, sinon à la lettre. Il reste tout de même de puissants archétypes qui articulent la trame de fond de la grande Histoire de l'Angleterre du XIIe siècle avec, n'hésitons pas à lâcher le mot, grâce. Le personnage de Jack, à lui seul, est magnifiquement pensé, comme un génie absolu qui met fin à une époque et en initie une autre, alors même qu'il passe pas les affres et les bonheurs d'un amour longuement contrarié (un peu trop d'ailleurs, plus d'une fois cela frise le pénible), gagne lentement en assurance et en expérience dans son métier de bâtisseur.
Alors oui, il ya des archétypes, quelques facilités. Mais quelques moments de belle decription de la nature humaine, au détour des pages? Bon, il ne faut pas demander à un orchestre philarmonique de faire de la musique de chambre, non plus... C'est un page-turner, un récit cadencé et calibré, pas une exploration des méandres du cœur humain...
Quelle claque ! Voilà un livre qui m'a remis en place. Le jour où j'arriverai à ce niveau de maîtrise du récit, cette finesse de construction... D'ici là, il me reste un sacré chemin à parcourir. Et beaucoup de travail.
18:54 Publié dans Lectures (y'a pas que les gargouilles dans la vie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, moyen-Âge






Ecrire un commentaire