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01.05.2008

Le zodiaque imaginaire (2)

2080934316.gifBestiaire d’Alexis Nevil


Dans une autre vie, je m’appelais Alexis Nevil. Laissez-moi vous expliquer. J’aspirais à être écrivain de science-fiction, et avais pris un pseudonyme à consonnance (vaguement) anglo-saxonne. Restent une douzaine de nouvelles et deux petits romans que je ne renie pas tout à fait quand même. Pour les faire (re)vivre un peu, je présenterai donc ici le Bestiaire, publié dans les pages de la revue Faëries en douze épisodes. De ce Bestiaire, et ce sera le mot de la fin, je ne publierai que la description de la bête elle-même, et non le texte de l’épisode-nouvelle qui y était joint. Il est de mon intention en effet de réutiliser en partie, un jour, ces 12 épisodes d’aventure et de poursuite… dans un autre contexte.

Rendez-vous le mois prochain (une nouvelle bête sera mise en ligne chaque 1er du mois...)

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Second signe : le Scolopendre-lierre



72116823.jpgIllustration : le scolopendre-lierre…©Alexis Nevil 2001

mukade-kizuta— pour les langues centauriennes (littéralement : lierre aux cent pattes).
ghrroOnn-k°kKl’gu — en Gnomique des Siphons Profonds, ou dialecte des Collines de glace (littéralement : râcle-pierre)
ShrrOon-kshkl’gus’k — en Dialecte Gnomique Oriental, dit des “Grottes des Monts Pourris” (même signification que dans les Siphons).


Moi, Iizahn, dit le Marcheur, prends ici le stylet en lieu et place de mon regretté ami et confrère. Dans la mesure de mes modestes connaissances, je tâcherai de compléter son étude de la faune de notre Monde.
Nous rencontrâmes la bête appelée kizuta-mukade lors des évènements qui entourèrent, précisément, la tragique issue. Sur les circonstances de cette aventure, je ne m’étendrai pas, car cette Encyclopédie n’est pas destinée à narrer les vies de ses rédacteurs1. Mais que l’on sache que le scolopendre-lierre, dont l’existence était jusque-là sujet de légende et de racontars, existe bel et bien.
Il sert de monture à certaine communauté isolée des contreforts du massif septentrional, proche des sources du Fleuve Daisen… une bien rétive et désobéissante monture, s’il en est, mais qui grimpe les pentes avec une célérité et une vigueur peu communes. La monte de la créature est affaire de spécialiste : on doit choisir deux anneaux pour y poser ses pieds, s’amarrer solidement, jouer des jambes et du corps pour se maintenir droit. On serait surpris par la puissante ascension que cela permet : même un J’Ninn harnaché de tous ses sacs de voyage se retrouve soulevé, emporté comme serpent-flèche dans le ventre de la tempête.
Le nombre d’anneaux de ces animaux augmente avec l’âge. Ils disposent de deux de ces concrétions de corne dure à la naissance, et à chaque retour du Grand Jour, ils en forment un supplémentaire. À tout nouvel anneau correspond l’émergence d’un autre de ces pieds alternés, étrangeté de la nature composée de trois griffes qui s’orientent tantôt du côté dextre, tantôt du senestre.
Les zodiaques divinatoires placent l’animal dans le septième signe, en font le symbole de l’habileté, du calcul prémédité. Il est considéré, par ceux qui vivent de commerce, comme augure particulièrement favorable. Les Conjonctions Lunaires de Kodenn qui lui correspondent sont considérées par les astrologues comme des temps où dominent l’échange, la multitude, où les risques encourus s’appellent : ambiguïté, confusion. Certains l’interprètent comme revirement brutal de fortune, qu’il soit positif ou néfaste.

“Tératologie des bêtes et phénomènes des contrées centrales”
par Hon-Dhui Deux-Pics, capitaine de la compagnie Pourpre.
Extrait de la Grande Encyclopédie du Devin.

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