11.05.2012
Rome (HBO) 2 — Les nombreux mystères de Cybèle
Dans le début de la série, Attia invoque la protection de Cybèle dans une cérémonie qui a été dénommée Fossa Sanguinis… cela se passe de traduction, surtout si l'on voit l'extrait en question :
S'il est certain que les disciples de la Déesse-Mère pratiquaient le Taurobole ou sacrifice de bovins, ainsi
que l'attestent de nombreux autels de sacrifice (tel celui du Musée Gallo-Romain de Lyon) trouvés par les archéologues, en revanche la cérémonie telle qui montrée ainsi… est historiquement attestée en même temps qu'elle est fausse.
Je m'explique : la seule description de taurobole est due à Prudence, auteur chrétien, vers 400 après Jésus-Christ — autrement dit, une génération après la disparition à peu près complète de ce type de sacrifice. Et la scène du fidèle — ou du prêtre selon — arrosé de sang semble bien être une pure invention littéraire chrétienne, destinée à bien démarquer l'horreur du "baptème" païen, de la pureté de celui des chrétiens. Dans la réalité, on se contentait de saigner un animal, et de laisser le sang couler au sol, en offrande aux dieux souterrains — ce qui n'est déjà pas mal pour les âmes sensibles. Cette invention littéraire étant devenu, comme souvent, une vérité prise au pied de la lettre… les auteurs de la série ont donc fait une erreur historique, mais une erreur qui relève, en fait, d'une tradition bien établie avant eux.
Oh, le Culte de Cybèle était assez folklorique, par ailleurs. Ses prêtres, des non-romains connus sous le nom de Galles (galloï en grec) s'auto-émasculaient pour la fête de printemps, offrant leurs attributs virils à la Déesse-Mère, et parcouraient la ville en hurlant, drogués jusqu'aux yeux, avant de jeter lesdites parties dans une maison. Ce qui était censé être un grand honneur pour la demeure ainsi sanctifiée… si, si je vous assure…
On a pensé pendant longtemps que les bâtiments en ruine au-dessus des théâtres de Lyon correspondaient à un Temple de Cybèle. Il faut oublier cette thèse qui a vécu — en fait, le consensus archéologique actuel identifierait ces murs comme les restes de la demeure du préteur (de prae itores, "celui qui marche devant", ou gouverneur militaire). Nettement moins folklorique, vous ne trouvez pas ?
12:19 Publié dans Séries télévisées historiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.04.2012
La Commanderie… une série du genre : trop rare
Sur un conseil amical, on avait insisté: "regarde, "la Commanderie", ça te plaira". L'on a insisté, et l'on a bien fait. Je serais passé sinon à côté d'une très bonne fiction.
L'action se déroule en 1375, dans une commanderie de Bourgogne que l'Ordre Hospitalier a hérité des Templiers, défaits deux générations plus tôt par la justice royale.
Tout tourne bien sûr autour du mythique trésor des Templiers. Mais je vous laisse le soin de découvrir la manière dont la série traite le sujet... avec réalisme.
Dans une structure classique de feuilleton, dont il faut noter l'habileté et la finesse de trame, les scénaristes sont parvenus à tisser une belle continuité dans l'évolution des personnages. Je pense par exemple au personnage du médecin, homme honnête qui apprend les vertus du mensonge face à la brutalité de la justice ecclésiastique… et qui en viendra à découvrir, puis celer lui-même des secrets terribles.
Chaque épisode suit par ailleurs, en sus de la trame générale, une histoire concernant les gens pauvres, les sans-grade et les oubliés. Procès d'animaux, infanticide supposé… l'approche est faite de manière à exposer les motifs de la justice médiévale, mais aussi, ce qui est encore plus intéressant, montre la manière avec laquelle ces hommes interprètent cette justice, la rendent selon, humaine ou encore plus inhumaine. La grande réussite de cette série, de ce point de vue, est de montrer les mentalités médiévales, de les incarner tout en exposant la part de "bricolage", d'adaptation dont faisaient preuve les hommes d'alors pour concilier les exigences sans borne de l'idéal religieux, et les dures réalités d'une vie courte et souvent dépourvue de sens.
Autre point très positif : une très bonne documentation sur l'époque. Les dialogues sonnent "juste", et les personnages ont été pensés en profondeur. Ne cherchez pas de héros : chacun a un secret, tous ont quelque motif pour agir ainsi qu'ils le font. Les deux protagonistes masculins, un homme d'armes sans nom ni noblesse, et un religieux dévoyé, sont présentés d'emblée : ils volent les métayers, font du chantage et trichent allègrement. Leur parcours ne se fera pas sans rédemptions, ni sans rechutes. La force des personnages féminins est aussi évidente, alors même qu'elles subissent le carcan de l'éducation et des mentalités. Pas de rébellion, pas de miltantisme qui serait complètement anachronique. Juste des hommes et des femmes qui cherchent leurs propres solutions. C'est la marque, selon moi, d'une fiction réussie.
Il est plus que dommage que la série n'ait connu qu'une seule saison de 8 épisodes… Alors que tant de médiocrité perdure dans la fiction française, on aurait pu tenter, pour l'honneur et l'amour de l'art, de financer une suite… qui sait ? Cela viendra peut-être… Ou bien, l'on devra se contenter en tout et pour tout d'une excellente saison, menée sans fausse note de bout en bout. C'est toujours ça de pris.
Bientôt ici… Rome (HBO) 2 : les Mystères de la Déesse
08:21 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2012
Rome (HBO) 1 — Quand Conan le Barbare rencontre Lucien Jerphagnon
S’il y a eu une série historique à voir dans la décennie écoulée, c’est celle-ci. Je n’exagère pas, rarement on aura atteint une telle excellence au niveau décors, acteurs, dialogues et situations. Rome, C’EST Rome, si l’on me passe l’expression. C’est la Rome antique à laquelle on a redonné vie. Personnellement, c’était comme si toutes mes lectures sur Rome et l’Antiquité (et depuis le temps, il y en a un certain nombre…) s’incarnaient en un tout cohérent. J’ai aussi été surpris par les décalages, bien sûr, quelques libertés prises avec l’exactitude sociale, historique. Surpris, mais pas choqué.
(Je reviendrai en détail sur certains éléments de la série, sur des scènes ou des personnages qui me semblent importants à ce point de vue : Atia et le Culte de Cybèle, etc…)
Dans mes quelques recherches sur la série, je suis tombé sur cet article sévère du Monde Diplomatique, signé d’une universitaire, Florence Dupont. A la lecture de cette critique au vitriol, j’ai été frappé par le décalage entre les attentes universitaires, et ce qui me semble relever des nécessités de la dramaturgie. Oui, la série est, au sens strict, sur la forme, fausse. Mais ma perception est que l’esprit, lui, est en bonne partie là. Et ce n’est déjà pas mal.
Je ne rentrerai pas dans le débat, de suite, entre une restitution stricte des évènements (le travail des historiens), et une intrigue romancée. La bonne fiction historique, procède idéalement d’un compromis réussi entre ces deux pôles opposés.
Avec tout le respect que j’ai pour l’Université, je pense que Mme Dupont demande ici à un cerisier de donner des fraises.
Je citerais Lucien Jerphagnon, dans l’introduction de son livre Histoire de la Rome Antique (Hachette littératures coll. Pluriels) : « Imaginez qu’un dernier être pensant ait fini d’oublier Rome ; alors non seulement Rome aura cessé d’exister, mais elle n’aura même jamais existé. »
L’enjeu véritable n’est-il pas que, grâce à des séries comme « Rome », la Rome l’antique regagne un peu de couleurs, d'existence ?
Sans des fictions qui tiennent en haleine les « masses », qui leur donne une vision (même imparfaite) du passé, celui-ci est condamné aux Limbes. Ou alors, pour paraphraser Gerphagnon à la suite : la connaissance des classiques est-elle condamnée à devenir l’apanage d’un cercle toujours plus restreint de lettrés ?
En fait, au fond, la fiction historique est, nécessairement, une illusion. Nulle culture ne peut se projeter dans une autre, et ce qu’une société évoque de son passé n’est, souvent, guère autre chose qu’un miroir qu’elle se tend à elle-même. La fiction cherche a priori des solutions actuelles à des problèmes actuels.
La seule nuance réside dans la qualité de l’écriture, l’implication et la sincérité de l’approche. Or, s’il y a une qualité que l’on peut prêter à l’instigateur du projet John Milius (scénariste entre autres d’Apocalypse Now, réalisateur de Conan le Barbare, l’Adieu au Roi…), c’est la sincérité. John Milius, par sa recherche "mythologique", sa réflexion sur le violence qui nous habite, sa fascination pour l'homme débarassé des oripeaux de la civilisation, a impulsé au projet une vision certes sauvage, certes imparfaite… mais, au final, tellement "romaine" dans sa générosité et sa cruauté ?
Un extrait de séance au Sénat… en VO, mais je suis un vil snob qui ne regarde les séries qu'ainsi !
On peut reprocher bien des choses à la série Rome de HBO. Mais elle a le mérite indéniable de montrer ce qui n’avait jamais été vu à la télévision jusque là. Et cela seul, sans même évoquer la perfection des acteurs et actrices (Tobias Menzes — si cet interprète de Brutus ne vous émeut pas… David Bamber en Cicéron ; Polly Walker en Atia ; et un Ciarán Hinds inoubliable en César…), cela seul, donc, mériterait les prix innombrables que la série à décroché.
Où, dans un des grands Péplums de la MGM, à t’on vu une séance du Sénat ? Une cérémonie de la religion païenne ? Le peuple de Rome et ses crieurs publics, ses bouchers, sa vie quotidienne ?
Ah, nous y reviendrons…
10:03 Publié dans Séries télévisées historiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20.02.2012
Pour que le droit d'auteur reste inaliénable, signez la pétition
Vous n'avez jamais trouvé de message politique dans ce blog.
Mais ce qui se passe est trop grave pour les auteurs, qui n'ont franchement pas besoin de cela, je vous le promets. Une loi est en examen, qui viserait à laisser librement l'exploitation des livres non publiés (jusqu'à l'année 2001) par un organisme d'État.
C'est-à-dire que, sans consentement de l'auteur, cette officine pourrait faire "rééditer" le texte par des entreprises commerciales "agréées", dans des conditions incontrôlables par ledit auteur. Je ne comprends peut-être pas tout, mais jusqu'à ce qu'on me démontre le contraire, c'est du pillage légalisé du droit d'auteur. L'auteur a six mois pour bloquer la mise en ligne de son texte… mais rien n'est prévu bie sûr pour le tenir au courant. Plus fort ! un auteur qui aurait la possibilité de faire rééditer un de ses textes anciens devrait… demander l'autorisation, et son éditeur devrait payer la "société agréée". On croit rêver.
Je n'ai pas l'habitude de faire de la politique, mais là, il faut faire barrage. Si vous aimez les livres, et si vous soutenez les auteurs qui sont derrière, signez la pétition svp: le lien est ici.

Suivez ce lien, pour un article clair et synthétique d'une mienne camarade.
09:25 Publié dans Général (le bonhomme) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
19.02.2012
Un beau livre-objet sur Lyon, par votre serviteur, pour septembre prochain
Je finis ces jours le texte et la sélection des illustrations pour un beau livre sur Lyon, aux éditions Ouest-France. Je n'ai pas encore de visuel à vous proposer, mais voici un exemple d'ouvrage tiré de la même collection, écrit par Vera Dupuis (que je n'ai pas l'heur de connaître, mais…)
Ce sera un ouvrage générique sur notre bonne ville, avec au menu une quarantaine de sujets insolites, cocasses, tragiques, dramatiques ou amusants. Entre autres :
— la vie mouvementée de Claude, lyonnais, et quatrième empereur romain.
— l'assassinat du Président Carnot…
— Bouchons, traboules, Guignol, boule lyonnaise… pardon sport-boule…
— la saga de l'OL…
— les Berliet, Ampère, les frères Lumière, Antoine de Saint-Exupéry…
— et pas mal d'autres bien sûr…
Bref, LE livre pour faire découvrir la lyonnitude à tous ceux qui n'ont pas compris votre fascination pour la capitale des Gaules, ou pour retrouver soi-même les émotions du Lyon d'avant, du Lyon de toujours.
Ce sera plein de dépliants, posters, cartes postales reproduites qui feront les délices des petits monstres, aussi.
Cela devrait s'appeler,
"Curiosités, trésors et autres merveilles de Lyon", 30 €, éditions édilarge / Ouest-France.
Et le bébé est attendu pour septembre 2012. Plus de nouvelles bientôt, et comme toujours les dédicaces, passages presse et "teasers" seront ici annoncés.
10:46 Publié dans Général (le bonhomme), LES ROMANS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
A l'ouest, du nouveau…
Bonjour à tous… horizon 2012, du changement annoncé.
Cette dernière année 2011 j'ai été peu présent dans ces pages. Bien sûr, il y a le manque de temps, la flemmardise parfois avouons-le. Mais surtout, je m'interrogeais profondément sur le sens à donner à ce blog. Des critiques de livres ont été faites, d'autres sont en préparation, mais il me manquait l'idée qui m'aiguillonnerait suffisamment.
Un excellent ami (ayez d'excellents amis, vraiment, il n'y a que cela de vrai…) m'a suggéré — que dis-je, mis le nez droit où il fallait.
Je parlerai ici, bientôt, de séries télévisées historiques.
1/ Parce que je suis un afficionado
2/ Parce que, surtout, en tant qu'auteur, et en tant qu'auteur de fiction historique plus particulièrement, j'aurais un double regard, je l'espère et même, le le prétends, original, sur les bonnes et moins bonnes séries télévisées à fond historique…
A bientôt donc, pour du nouveau…
10:16 Publié dans Général (le bonhomme) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.01.2012
Un lundi, des gargouillis, trois gazouillis
Un ami, grand spécialiste par ailleurs de ces créatures aux canines surdimensionnées appelées vampires, m'a fait découvrir les incroyables chimères de la Chapelle de Bethléem, située à Saint Jean de Boiseau, à quelque distance de Nantes. La semaine dernière je vous avais fait découvrir comment une icône américaine pouvait se retrouver au beau milieu d'une église — ici ce sont d'autres bestioles tirées de l' "inconscient collectif" (parfois si bien nommé).
J'appelle :
Goldorak ! (l'idole des jeunes. Enfin… des jeunes qui comme moi ont déjà pris un petit coup de vieux !)

Gizmo et un gremlin !

Alien !

La fiche wikipédia fait le tour des chimères de cette chapelle mémorable (ce ne sont pas des gargouilles, elles ne recrachent pas l'eau des toitures et balcons).
C'est tout l'esprit de ces sculptures — gargouilles et chimères mêlées —, qui dès ses origines est une expression de culture populaire. La gargouille, comme je le dis souvent en visite, c'est de l'art contemporain !
Un grand merci à Adrien Party pour sa contribution.
14:50 Publié dans C'est lundi..., Le Laboratoire (bestiaire imaginaire) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.01.2012
Un gargouillis impromptu du mardi…
Tenez, une figure cachée d'une église fort surprenante… pas en France quand même, mais à l'intérieur de la cathédrale Saints Pierre et Paul, ou Cathédrale Nationale de Washington, États-Unis d'Amérique. Ben mince… mais c'est Dark Vador. La version américaine du diable, quoi…
L'information se trouve là. Merci Baronne Samedi !
19:25 Publié dans C'est lundi... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.12.2011
Les Lyonnais… à bonne fiction, mauvaise réalité ?
Je suis allé voir ces jours "Les Lyonnais", d'Olivier Marchal. Il est évident que je me devais de le faire, comme la visite des "Grandes Affaires Criminelles" se base en partie sur cette affaire du Gang des Lyonnais et que nous faisons un arrêt en particulier à l'emplacement du bar "le John" qui aurait été, semble-t-il, la pomme de discorde entre Jean Augé et Momon Vidal, le charismatique meneur du "Gang".
Ne boudons pas notre plaisir, c'est fait avec maestria, et l'on souhaiterait plus souvent voir des films français aussi bien ficelés et empaquetés. Reconstitutions, dialogues, costumes, action… pas de fausse note, pas de couac.
Alors, disons-le tout de suite, je ne suis pas un spécialiste de la période, que je ne l'ai pas connue et pour cause (j'étais fort occupé à naître en 1973…), mais, mais, mais… une désagréable sensation ne m'a pas quitté du long du film. Une sensation de complaisance.
En fait, en tant qu'auteur, je trouve ce "travail sur la réalité" intéressant. Comment aurais-je présenté les choses si j'avais eu à m'atteler à un tel projet ? La ligne est mince, entre la connivence avec son sujet, la nécessaire empathie avec les personnages, et l'hagiographie. Surtout si le bonhomme est encore vivant. Alors, on a une partie du film (les flashbacks) ou ce qui est avéré est dit, avec de légers décalages pour des raisons de cinégénie (Augé tué sur le parvis de Saint-Jean au lieu du complexe Lyon-Plage…) et — je suppose — pour éviter d'incriminer les survivants dans des affaires qui n'ont pas été jugées. Ainsi, sans trop en révéler, de l'assassinat de "Joan Chavez", nom de fiction rappelant un certain Joanny Chavel qui lui, dans la réalité a… disparu sans laisser de traces, alors qu'il semble bien qu'il menaçait directement Momon Vidal et les siens. Tiens donc… Bref on a droit à l'assassinat "probablement-historique" dans le film, mais comme un nom modifié change tout, on ne pourra pas inciminer Vidal… ah, suis-je bête, et la prescription, alors, c'est pas fait pour les cochons, non ? (les spectateurs du film me comprendront).
Et puis on a un second film entremêlé, qui est cette fois une totale fiction, avec règlements de comptes sanglants en pagaille, où un Momon Vidal mythifié, plus grand que nature et toujours, toujours, fidèle à ses idéaux, sa famille, ses amis, sa femme etc… sort de ses gonds parce que lui, c'est pas un gars à qui on cherche des poux. Bref, on est à la limite d'un synopsis de film de Steven Seagall. Allez, j'ai la dent dure. Super-Momon, admettons. Pourquoi pas.
Au final, un film assez déroutant par ses choix : on a l'impression qu'Olivier Marchal est resté prisonnier du mythe "Momon Vidal", un mythe qui s'est définitivement gravé dans la mémoire lyonnaise et nationale le jour où le fier gitan, qui avait mis la police sur les dents pendant plusieurs années, se voyait condamné à "seulement" dix ans de réclusion par le tribunal, alors que tout le monde attendait "la perpète".
Je ne sais pas qui est, qui était Momon Vidal. Je ne sais de ces affaires que ce que j'en ai lu, côté truands (Hubert Nivon, La Saga des Lyonnais), ou côté journalistes. Mais n'est-il pas toujours un peu hasardeux d'ériger la statue d'un homme de son vivant ?
Alors, "Les Lyonnais", à bonne fiction, mauvaise réalité, ou à bonne réalité, mauvaise fiction ?
18:46 Publié dans VISITES GUIDEES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.11.2011
HHhH… Un Goncourt pour ça ?
Une fois n'est pas coutume, je vais parler lectures. HHhH, de Laurent Binet Goncourt du Premier Roman de l'an dernier.
J'attendais beaucoup de cette lecture. Étant allé à Prague cet été, j'avais découvert sur ses lieux même l'Opération Anthropoïd qui, en 1942, avait mis fin à la vie d'un responsable majeur de l'appareil nazi, Heydrich. Et surtout, j'avais découvert le destin des parachutistes qui l'avaient assassiné et qui, trahis, avaient soutenu le siège de centaines de nazis dans un église, avant de laisser leur vie.
Dire que ma déception fut à la hauteur de l'attente suscitée serait un euphémisme. Elle la dépassa de loin. "HHhH" se veut un roman épique, une narration historique, et un "roman du je", tout cela à la fois. Le problème, c'est que le "roman" est insupportablement raté, chaque espoir de relancer un peu de l'intérêt est plombé sans pitié par les deux autres aspects. Le problème aussi, c'est que Binet semble découvrir ce que c'est un roman, tout en gardant la posture de celui-qui-vaut-mieux-que-tout-cela, et ruine sciemment à l'avance tout espoir de tentative de surprise. Voire, d'émotion. Un comble vu le potentiel du sujet.
Le récit historique reste, au mieux, du niveau café du commerce, avec jugements à l'emporte-pièce, psychologie plus que sommaire et une utilisation du futur dans le passé tout juste digne d'une mauvaise copie de lycéen. Le comble, pour un professeur agrégé… On peut admirer l'effort de documentation. Oui, mais voilà, ce n'est que cela, ce livre. Un brouillon avant de commencer le vrai travail. Le travail de romancier, ou d'historien. Ou des deux.
Enfin, le "roman du je", la mise en abyme par les tourments personnels est le pire. C'est comme si Binet faisait passer l'Histoire par le siphon de son nombril, et que chaque évènement, chaque rebondissement doive nécessairement être vu à l'aune de sa (fausse) modestie de (faux) naïf. Il y a des romans où le je est un art, une réussite. Celui-ci n'en fait pas partie.
Le problème fondamental de Binet se révèle à cette aune : une simple question de maturité d'auteur… et de respect du lecteur.
Un roman, c'est une crise. Comme le terme est à la mode, peut-être précisera-t-on que crise vient du grec -krisis, qui veut dire : décision. Ecrire un roman c'est faire des choix. Partout, à chaque ligne, à chaque mot, à chaque axe du récit. Ne pas faire de choix, c'est ne pas faire de roman. C'est ne pas faire de livre. C'est se taire, même si on est volubile.
18:31 Publié dans Lectures (y'a pas que les gargouilles dans la vie) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.11.2011
Visite des gargouilles demain !
La visite "Monstres cachés et gargouilles" la seule visite des gargouilles de Lyon, c'est demain, samedi 12 novembre !
Réservez vos places ici. Il suffit de dérouler la page pour trouver le lien vers la visite du 12 novembre, et se laisser guider, pour réserver en ligne…
A vous y rencontrer, mes gones !
12:03 Publié dans VISITES GUIDEES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.07.2011
Un extrait exclusif du "Prince des Ours"
C'est sur FaceBook. Il vous faut "Liker" ou "aimer" le lien vers la page "3 Polars médiévaux à Lyon" pour le découvrir.
Vous pourrez ainsi profiter de suppléments exclusifs et d'extraits des romans, ainsi que de nouvelles de l'auteur en primeur !
19:03 Publié dans LES ROMANS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.05.2011
Des blogs et des articles sur Lyon
Un site et un article, sur la toile, ont retenu plus particulièrement mon attention, je pensais partager cela avec vous.
D'abord, un magnifique travail de bénévolat… les rues de Lyon telles qu'elles étaient (la crasse humaine et animale en moins) en l'an 1700. C'est sur ce blog.
Et, sans rapport aucun, un article qui pointe le doigt sur ces personnages que l'on croise, années après années, croyant être les seuls à les remarquer… et dont on s'aperçoit qu'à leur manière ils sont de grandes "célébrités anonymes"… c'est ici. Une ville, c'est aussi cela — et cela constitue une psychogéographie fascinante, si l'on y réfléchit bien…

20:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2011
Le programme des réjouissances… gargouilles et affaires criminelles !
Vous pouvez d'ores et déjà réserver pour vous et vos proches les visites de votre serviteur :
Police et Crimes : les grandes affaires lyonnaises. Deux dates le samedi 21 mai à 14h et à 17h, et le 11 juin à 17h. Réservation en ligne ici…
Monstres cachés et Gargouilles : la prochaine visite est le 7 mai réservation ici.
Quand d'autres visites seront programmées, je les annoncerai ici bien entendu. A bientôt !
19:05 Publié dans Général (le bonhomme), VISITES GUIDEES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.04.2011
C'est lundi, c'est gargouillis (50)
Allez, the gargoyles are back. Remerciez Céline, qui a fait du harcèlement jusqu'à ce que je cède !
Voici un ourson (?) dissimulé sur la façade de l'église Saint-Paul à Lyon…
Il a quand même un fort mauvais conseiller, qui lui glisse de bien vilaines choses à l'oreille…
On est là tout à fait dans la réprobation de l'ours par les ecclésiastiques médiévaux…
08:22 Publié dans C'est lundi... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.04.2011
Le Progrès du 8 avril 2011
21:12 Publié dans Dédicaces, LES ROMANS, REVUE DE PRESSE, VISITES GUIDEES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.04.2011
Dédicace le vendredi 8 avril à la librairie CHAPITRE Bellecour

Je serai en dédicace comme indiqué dans le titre : le 8 avril à partir de 17h à la librairie Chapitre, 19 place Bellecour 69002 Lyon.
De 17h15 à 17h45 environ, les personnes présentes seront conviées à un tour du quartier, petite visite sur les traces de la famille de Grôlée, les héros des trois romans de la "Geste de Lyon".
Puis séance de signature / questions jusqu'à 19h.
Renseignements et réservations : mme Vernier au 04 72 56 21 25.
Au plaisir de vous y rencontrer !
22:36 Publié dans Dédicaces, LES ROMANS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
31.03.2011
Vu à la TV
Votre petit camarade dans le journal télévisé de TLM (Télé Lyon Métropole) du 29 mars 2011.
C'est là, ou encore ici :
http://tlm.kewego.fr/video/iLyROoafz0BV.html
et c'est au repère 4' 33.
08:36 Publié dans REVUE DE PRESSE, VISITES GUIDEES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tlm, info, lyon, journal, visite, visite guidée, crime, affaires criminelles, criminalistique, criminologie
29.03.2011
Gargouilles et Corbeaux numériques
Un oncle en Alaska ? Une cousine en Ouzbékistan ? Un IPhone vorace ? Un IPad bibliophile ?Les deux premiers tomes sont disponibles en numérique, sur Numilog !
6€ seulement !
Voici le lien vers la version virtuelle du Maître des Gargouilles.
Et voici celui vers le Seigneur des Corbeaux.
19:40 Publié dans Général (le bonhomme), LES ROMANS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2011
Article dans le 20 minutes du 24 mars 2011
12:01 Publié dans REVUE DE PRESSE, VISITES GUIDEES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





